Fiscalité & Impôts

Micro-foncier ou régime réel : que choisir ?

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💡 À retenir

Réponse rapide : En micro-foncier, un abattement automatique de 30% s'applique sur les loyers (plafond 15 000€/an). En régime réel, vous déduisez toutes vos charges effectives. Le régime réel devient avantageux dès que vos charges réelles dépassent 30% des loyers perçus.

Le micro-foncier : simple, automatique, mais limité

Le régime micro-foncier s'applique automatiquement si vos revenus fonciers bruts n'excèdent pas 15 000€ par an. Il suffit de reporter le montant des loyers en case 4BE de la déclaration de revenus — l'administration applique un abattement forfaitaire de 30%.

Avantages :

  • Simplicité totale : pas de déclaration 2044
  • Pas besoin de conserver toutes les factures
  • Adapté si vous avez peu de charges

Inconvénients :

  • Impossible de créer un déficit foncier
  • L'abattement de 30% est forfaitaire : si vos charges réelles sont supérieures, vous payez trop d'impôts
  • Dépassement du plafond de 15 000€ : bascule automatique au régime réel

Exclusions du micro-foncier : les monuments historiques, les biens bénéficiant de certains dispositifs de défiscalisation (Malraux, Loc'Avantages) sont exclus du micro-foncier et relèvent obligatoirement du réel.

Le régime réel : plus complexe, mais plus puissant

Au régime réel, vous déduisez l'ensemble des charges réellement supportées :

  • Intérêts d'emprunt et frais de dossier bancaire
  • Travaux de réparation, entretien et amélioration
  • Taxe foncière (hors ordures ménagères récupérable)
  • Primes d'assurance (PNO, loyers impayés)
  • Frais de gestion et d'agence
  • Charges de copropriété non récupérées

Ce régime permet de créer un déficit foncier imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700€/an lorsque les charges hors intérêts dépassent les loyers.

Pour y accéder : déclarez vos revenus fonciers via le formulaire 2044. L'option est irrévocable pendant 3 ans minimum.

Tableau comparatif : quel régime choisir ?

Prenons un propriétaire avec 12 000€ de loyers annuels et différents niveaux de charges :

| Situation | Micro-foncier | Régime réel | |---|---|---| | Charges réelles = 2 000€ (17%) | Revenu imposable : 8 400€ | Revenu imposable : 10 000€ | | Charges réelles = 3 600€ (30%) | Revenu imposable : 8 400€ | Revenu imposable : 8 400€ | | Charges réelles = 5 500€ (46%) | Revenu imposable : 8 400€ | Revenu imposable : 6 500€ | | Charges réelles = 14 000€ | Revenu imposable : 8 400€ | Déficit foncier : -2 000€ |

Seuil de bascule : si vos charges réelles représentent plus de 30% des loyers, le régime réel devient plus avantageux. En présence de travaux importants, l'avantage peut être très significatif.

Exemple concret : Paul perçoit 10 000€ de loyers et engage 5 000€ de travaux + 800€ de taxe foncière + 600€ d'assurance = 6 400€ de charges (64% des loyers).

  • Micro-foncier : revenu imposable = 10 000€ × 70% = 7 000€
  • Régime réel : revenu imposable = 10 000€ - 6 400€ = 3 600€

À TMI 30%, l'économie est de (7 000€ - 3 600€) × 30% = 1 020€ d'impôts en moins avec le régime réel.

Comment déclarer chaque régime ?

Micro-foncier : case 4BE de la déclaration principale (2042). Aucun formulaire annexe.

Régime réel : formulaire 2044 (déclaration des revenus fonciers). Le résultat (bénéfice ou déficit) est ensuite reporté en case 4BA (bénéfice) ou 4BC (déficit imputable sur revenu global) de la 2042.

💡 À retenir

À retenir

  • Micro-foncier : abattement forfaitaire 30%, accessible si loyers < 15 000€/an
  • Régime réel : bascule avantageuse si charges réelles > 30% des loyers
  • Option réel irrévocable pendant 3 ans — réfléchissez avant d'opter

Pour aller plus loin :

Questions fréquentes